Prêtée par le musée d'Orsay dans le cadre de l'opération "100 œuvres racontent le travail", elle est présentée dans la grande salle du rez-de-chaussée du musée, au milieu d'autres nus, plus classiques.
Témoin d'une époque et d'une société, cette œuvre raconte la réalité d'un travail, le travail du sexe, accepté dans les maisons clauses exclusivement lorsqu'elles étaient tenues par des femmes, et ce jusqu'en 1946. Le corps nu d'une femme à la chevelure blond vénitien, vêtue de bas et d'un foulard, ploie sous la charge d'un travail accablant. Le visage sombre, la peau verdâtre, un peu grise, le sein tombant, témoignent d'une forme de lassitude. Il est en outre placé sous la domination d'une patronne, chaudement vêtue, au regard condescendant. La nudité de la travailleuse est dépeinte avec réalisme, sans caractère obscène. "Henri de Toulouse-Lautrec ne représentait jamais de scène de sexe, explique Hélène Ferron, conservatrice du musée Bonnat-Helleu. Il décrivait la réalité sociale de femmes, dépendantes financièrement et vulnérables. Nous avons choisi de l'accrocher dans la salle consacrée aux corps, où elle fait écho aux sculptures grecques, à leur beauté académique tout en s'en distanciant radicalement par son traitement."
Tel un huit-clos, la scène évoque l'enfermement dont étaient victimes ces femmes. Et pourtant, sur le plan de la composition, elle est harmonieuse. Et l'harmonie renforce le caractère devenu ordinaire d'une vie soumise à quantités de contraintes, jusqu'à la résignation.
Pendant les mois de prêt, jusqu'à novembre 2026, "La femme tirant son bas" fera partie des œuvres phares du musée, à découvrir sur le parcours principal, ou durant la visite intitulée "Être une femme au musée".
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